DÉGRAISSÉE


CYRIL HÉRIARD DUBREUIL

 

NOTE DE L’AUTEUR ET DU METTEUR EN SCENE




Le texte dit ce qu’il a à dire. Et il a juste à être dit.

Nous ne nous occupons pas de comment dire mais juste de redonner vie.

Le corps doit transmettre la sensation.

C’est-à-dire ce qu’il éprouve et ressent.

Il doit saisir le spectateur par cette sensation et l’emmener.

Le faire naviguer dans des tensions/détentes qui sont le rythme même du corps.


Ainsi le texte est toujours chargé par les tensions générées par le corps. Cette oscillation permanente entre tensions /détentes du corps produit des images, des mouvements, des gestes, des arrêts, que l’acteur ne décide pas et qui sont impulsées par le corps. Dans notre travail, c’est la sensation qui est première et c’est elle qui dirige le corps, la voix, le dire, le geste, l’arrêt, l’image, le rythme. Ce qui est à voir, ce qui est entendu ne passe donc plus que par le sens, il passe aussi, surtout, par la sensation. C’est elle qui est première et c’est par elle que l’acteur se lie à l’autre. Il naît comme une écoute viscérale entre acteur et spectateur, un corps à corps, un dialogue de système nerveux à système nerveux disait Francis Bacon. Ainsi ce qui se passe sur scène renvoie inévitablement à l’intime du corps, à sa mémoire. Mémoire enfouie dans le corps et la chair de celui qui joue mais aussi de celui qui écoute.


Dans notre travail nous dissocions texte et corps. Au départ est le texte. Identique en cela à un bloc de matière. Le texte est à l’acteur ce que la peinture est au peintre. Nous le travaillons beaucoup, sous forme d’italiennes avec des actions concrètes, danse, jeu de balle etc. pour l’inscrire inconsciemment dans le corps, dans sa mémoire, pour qu’il fasse corps avec le corps, à la manière des gammes du pianiste.

Nous travaillons le corps et donc la sensation en partant d’improvisation. Nous nous servons de procédés empruntés à la façon de faire de Francis Bacon. Quand il peignait, il brossait la Figure sur la toile pour en faire émerger des lignes de fuites, des énergies enfouies. Nous avons développé un équivalent dans le travail d’acteur. Par des principes de répétitions/variations/amplifications, nous faisons apparaître dans le corps de l’acteur des zones de tensions. Gestes, phrases, rythmes, émotions, sensations, sont ainsi engagées dans ce processus et amplifiées jusqu’à des points d’acmé. A la façon de Meg Stuart et de ces danseurs, nous engageons le corps dans des tensions extrêmes pour le sortir de sa Figure, c'est-à-dire de sa posture sociale. Et c’est depuis et dans ce corps chargé, défiguré que le texte arrive et se dit. Toutes ces tensions, toutes ces sensations qui habitent le corps de l’acteur à ce moment là deviennent le sang du texte, son énergie. L’acteur n’a plus à être volontaire. Il a juste à se laisser faire, à se laisser dire par ce qui lui vient du dedans et qui lui est comme dicté. Il a à conduire tout en se laissant conduire. Ainsi, le texte retrouve de sa texture, de sa couleur : il reprend vie.


  



Cyril HÉRIARD DUBREUIL & Jean-Paul ROUVRAIS

TARIF :


790 € jusqu’à 100 élèves

puis 7 € par élève supplémentaire


Débat avec ONG offert


Déplacement offert sur Île de France

PUBLIC CONCERNÉ

DE LA 4ÈME À LA TERMINALE


DURÉE DU SPECTACLE

1h



BORD DE SCÈNE AVEC LES ARTISTES

DÉBAT AVEC ONG PARTENAIRE

40 mn



INTERPRÉTATION


Alice CAREL

Lucilla SEBASTIANI (en alternance)



MISE EN SCÈNE


Jean-Paul ROUVRAIS



CRÉATION


En 2016



POSSIBILITÉ DE JOUER

CE SPECTACLE EN CHINOIS

POUR LES LYCÉES

PROPOSANT L’OPTION CHINOIS

PISTES PÉDAGOGIQUES


  1. BOULIMIE / ANOREXIE


  1. POÉSIE : REMPART À LA SOCIETÉ DE CONSOMMATION


  1. TRAFIC DE GRAISSE ET D’ORGANES