LE DERNIER JOUR D’UN(e) CONDAMNÉ(E)


VICTOR HUGO

 

REVUE DE PRESSE





Article paru dans L’Écho Hugo, n° 14, 2015,

Bulletin de la Société des Amis de Victor Hugo


Par Hans Limon



  Parmi les dix spectacles ayant un rapport avec Hugo, quatre adaptent Le Dernier Jour d’un condamné. Pourquoi un tel intérêt ? Comment se fait-il qu’un texte non-théâtral suscite autant l’attention des metteurs en scène et des compagnies ? Plusieurs raisons nous viennent à l’esprit : tout d’abord, si on le réduit à son essence, ce texte est bien un drame, celui d’une conscience face à son extinction prochaine, un immense monologue qui nous fait entrer dans la pensée d’un individu soumis à la fatalité, et c’est d’ailleurs en ce sens que les compagnies procèdent au découpage du texte ; ensuite, Le Dernier jour d’un condamné, par l’anonymat de son personnage principal, se voit conférer une portée universelle ; il aborde deux énigmes auxquelles nous n’avons toujours pas répondu, la mort et la justice, qui sont aussi deux éléments essentiels de la condition humaine ; il évoque d’une manière frontale la question de la peine de mort, qui n’en finit pas de susciter des débats animés ; enfin, il donne à entendre le cri d’angoisse d’un être humain face à la société, et en cela nous donne à réfléchir aux fondements mêmes de cette dernière.



   Mais pourquoi faire du condamné une condamnée ? Quel est l’intérêt dramatique d’un tel choix ? Le spectacle commence, nous sommes dans l’intimité de la cellule de la condamnée. Une lucarne s’ouvre puis se referme. Le verdict retentit : « Condamnée à mort », avec toute la violence de la fatalité, accompagné de coups violents donnés à la porte du cachot.

Lucilla Sebastiani, habillée d’une longue tunique grisâtre, usée, apparaît d'une fragilité désarmante ; la condamnation hante son esprit : avant même l’anéantissement physique, le prisonnier est déjà psychiquement mort, rongé, torturé par cette idée obsessionnelle d’une fin qu’il ne saurait accepter, mais à laquelle il ne peut se soustraire. Un drame psychologique se joue sous nos yeux, imprégné d’un sentiment de révolte contre le système social. La comédienne, touchante, ne verse jamais dans l’excès et possède le talent qui consiste à transporter le spectateur dans la mélancolie de sa vie passée pour ensuite, tout à coup, lui jeter à la figure son indignation. Dans sa bouche, l’épisode de la demande en pourvoi, qui constitue une charge d'ironie féroce contre le système administratif, devient un cri à la foi cynique et désespéré. Mais l’espoir n’est pas interdit, et quelques moments d’une grâce subtile accompagnent cette lutte contre la condamnation, cette « maladie faite de la main des hommes ». Devant cette nudité, cette douleur, cette rébellion, nous sommes pris à témoin. Nous parlions de monologue : cela n’est pas tout à fait exact. La comédienne évoque aussi, pour nous les restituer, certaines interventions de personnages secondaires, créant un effet polyphonique recentrant sur le seul personnage de la condamnée plusieurs éléments de l’œuvre, comme si tout convergeait fatalement vers elle.



   Puis le compte à rebours final est lancé, l’angoisse devient détresse, la condamnée passe de la résignation à la révolte : après six semaines d’une attente interminable, le dernier jour s’annonce, inexorable, terrible. Dans un respect total du texte, avec une humilité déconcertante et un sens de la mesure impressionnant, qui s’interdit tout pathos excessif, la comédienne nous émeut, nous bouleverse, jusqu’à cette fin terrifiante : tandis qu’elle s’avance vers l’échafaud, la foule est en liesse. Le contraste est saisissant : la haine de la condamnée éclate dans toute son ampleur et nous laisse abasourdis, et juste assez conscients pour désirer avec elle sa grâce. Finalement, ce n’est qu’a posteriori que l’intérêt de faire du condamné une femme apparaît : en tant que femme, cette condamnée du XIXe siècle est doublement victime. Victime d'une société implacable qui a créé des lois faites pour la broyer et pour l'étouffer. Dès sa naissance, la femme du XIXe siècle est condamnée à une mort psychique puisqu'elle n'aura pas le droit de penser, pas le droit d'agir comme elle le veut, pas le droit d'être.  Aujourd'hui encore, certains pays du monde font de la femme une victime sociale, une condamnée dès la naissance. Quand on y pense, le spectacle n'en est que plus bouleversant.






                                                        Par Evelyne Trân



Le dernier jour d'un condamné à mort pourrait bien figurer l'épine dorsale de l'œuvre de Victor Hugo. Parce que paradoxalement, il s'agit d'un hymne à la vie. Victor Hugo avait 28 ans lorsqu'il a écrit ce texte. L'homme qui parle dans son cachot en attendant le couperet n'est qu'un humain au sens le plus littéral. Faut-il qu'il soit acculé à la dernière extrémité pour rendre grâce à la vie ?

L'humain condamné est jeune et sain, en pleine force de l'âge. La vie qu'il sent en lui, on est en train de lui dire qu'au nom de la loi, on va l'arrêter. Qui ça on, des juges, des bien pensants, qui tiennent pour rien l'arbre de vie que représente son corps -Vous allez me tuer en pleine chair pensante, crie cet humain, vous allez me tuer vivant alors que je suis déjà mort pour vous, parce que ceux qui condamnent à mort n'entendent pas la vie.-


A travers le regard de cet humain qui n'a plus que quelques semaines à vivre, Victor Hugo dénonce, l'attitude inique des juges qui se retranchent derrière l'écriteau de la loi. Que peuvent ils faire d'autre d'ailleurs ?

Faut-il qu'une sentence de mort mette fin aux troubles de la pensée, au doute. - Oui, maintenant que cet homme a été condamné, nous pouvons arrêter de penser à cet homme criminel. Qui prouve d'ailleurs qu'il fût un homme, il n'existe plus, nous l'avons effacé.

Seul le tranchant un peu rouillé de la guillotine pourrait rappeler notre geste.

Le souvenir d'une exécution publique d'un condamné ne s'est jamais effacé de l'esprit de Victor Hugo qui a combattu sa vie durant pour l'abolition de la peine de mort. Le journal d'un condamné à mort est un témoignage ulcéré de la part d'un homme qui se demande comment rester humain dans une société aveugle, devenue une bête humaine lorsqu'elle crie “A mort” pour réclamer la tête du criminel.

Il s'agit d'un texte fort qui a du ventre, des tripes. Qui mieux que Lucilla SEBASTIANI peut mettre en valeur ce texte en chair et en os. Car il faut de l'étoffe pour incarner cette condamnée qui parle de la vie d'une façon si lumineuse. Impossible d'oublier la prestation de cette comédienne.

Parce que c'est extraordinaire de ressentir comment la présence d'un seul être peut remplir l'espace qu'il soit celui d'une chambre ou d'une geôle. Plus que les chaines, ce sont les ailes de cette condamnée qui fouillent la vie, de façon sensuelle, à même le sol, à même une marelle où s'écrit la vie contre vents et marées.

Il faut cette incarnation du roman de Victor Hugo pour comprendre combien il est brûlant, actuel, universel.

Et puis, il faut le reconnaître c'est émouvant d'entendre dire ce texte par une femme, de l'entendre en tant que mère évoquer sa fille Marie. Extraordinaire Victor Hugo capable de se mettre aussi bien dans la peau d'un homme ou d'une femme, nous pensons à Lucrèce Borgia, toujours à la recherche de sa vérité, qu'elle soit obscure ou palpable.

Avec un tel spectacle, il y a le risque de se retrouver face à soi même, mais ce risque d'être touché corps et âme au théâtre, vaut tous les déplacements !






                                                               Par Jean-Noël Grando



Six semaines avant d’être exécuté, un condamné à mort nous livre son journal.


Le texte de Victor Hugo est incarné par une femme, ce qui lui confère une nouvelle dimension.


L’auteur y dénonce avec force la justice spectacle et nous fait part de la préparation à la mort du personnage, ainsi que l’ombre du bourreau qui plane sans cesse.


Evident réquisitoire contre la peine de mort, « Le dernier jour d’un condamné » évoque la souffrance morale du condamné, et la sensation du temps qui s’écoule, de l’attente insupportable vers l’échafaud. Enfin, Hugo mentionne à quel point les condamnés étaient maltraités par leurs geôliers.


Lucilla Sebastiani incarne à merveille cette femme en attente, qui navigue entre espoir de grâce et détresse, broyée par les rouages d’une justice qu’elle ne comprend pas. Le spectateur perçoit clairement les hurlements d’une foule déchaînée, assoiffée de sang, en un temps où la guillotine était un spectacle.


Hugo est là, dans toute sa splendeur. Ce texte engagé a sans doute inspiré Robert Badinter en 1981. Il aura donc fallu attendre pas moins de 150 ans pour que les idées d’Hugo soient enfin réalisées.






                                            Par Nicole Bourbon



Voilà une expérience très intéressante et enrichissante de voir ce texte de Hugo.

L’interprétation de Lucilla Sebastiani est magistrale et impressionnante.

C’est un véritable maelstrom d’émotions que la comédienne projette sur nous, toute une gamme qu’elle exprime intensément par l’intonation de la voix, le corps tout entier tendu ou affaissé et surtout dans le regard même où l’on voit passer tour à tour l’incompréhension, la colère, la peur, l’indignation, la souffrance, l’espoir et le désespoir.

On est touché au cœur et l’on saisit bien ce que pouvait avoir de cruel et d’inhumain ce châtiment indigne.

« Ils disent que ce n'est rien, qu'on ne souffre pas, que c'est une fin douce, que la mort de cette façon est bien simplifiée.
Eh ! Qu’est-ce donc que cette agonie de six semaines et ce râle de tout un jour ? Qu'est-ce que les angoisses de cette journée irréparable, qui s'écoule si lentement et si vite ? Qu'est-ce que cette échelle de tortures qui aboutit à l'échafaud ?
Apparemment ce n'est pas là souffrir. »


Un spectacle indispensable pour que jamais ne revienne la tentation de la peine de mort, qui nie la notion même d’humanité et rend la société criminelle à son tour, et dire, écouter ou relire ces mots de Victor Hugo : « Et puis, ce que j'écrirai ainsi ne sera peut-être pas inutile…Cette histoire, nécessairement inachevée, mais aussi complète que possible, …ne portera-t-elle point avec elle un grand et profond enseignement ? N'y aura-t-il pas dans ce procès-verbal de la pensée agonisante, dans cette progression toujours croissante de douleurs, dans cette espèce d'autopsie intellectuelle d'un condamné, plus d'une leçon pour ceux qui condamnent ? Peut-être cette lecture leur rendra-t-elle la main moins légère, quand il s'agira quelque autre fois de jeter une tête qui pense, une tête d'homme, dans ce qu'ils appellent la balance de la justice ? »






FIGAROSCOPE     Par Jean-Luc Jeener 


L’idée pourrait être saugrenue mais, à l’écoute du texte, elle s’avère assez judicieuse : transposer le célèbre texte de Victor Hugo contre la peine de mort en le mettant dans la bouche d’une femme. L’oeuvre prend ainsi une autre dimension. Le passage, par exemple, où le personnage parle de sa toute jeune enfant qui ne le reconnaît pas et qu’il ne reverra jamais est évidemment encore plus émouvant.

Lucilla Sebastiani, habitée par son rôle, est indiscutablement une bonne comédienne.

Hugo aborde aussi la vraie question : est-ce que la mort lente qu’impose une vraie prison perpétuelle dont on parle aujourd’hui pour certains criminels et les terroristes n’est finalement pas plus déshumanisante ?

C’est un texte à lire et à écouter.







                                                                                                               Par Amandine Pilaudeau



C’est une histoire à la portée universelle. Celle d’un condamné rédigeant ses mémoires avant son exécution. Qui est-il ? Quel crime a-t-il commis ?

Des renseignements que Victor Hugo laisse dans l’ombre pour mieux nous questionner : un homme peut-il décider de la vie d’un autre ?

De ce récit poignant, la pièce se fait l’adaptation fidèle, à la particularité près que le détenu est ici une femme.

Incarnée par l’énergique Lucilla Sebastiani, cette figure anonyme émeut dans son dénuement. La révolte, l’interminable attente d’une révision du procès, l’espoir et la résignation nous sont livrés sans voile, avec tout ce que compte de fragilité et de brutalité l’avancée vers une mort programmée.

Avec un décor en pierre qui sied bien à l’univers carcéral, cette proposition théâtrale constitue un cadre idéal pour (ré)entendre ce juste plaidoyer contre la peine de mort.






                                           Par Franck Botrelle




Lucilla Sebastiani sublime Victor Hugo



Au nom de toutes les femmes… Lucilla Sebastiani livre une renversante performance seule en scène dans cette adaptation d’un des plus fameux textes de Victor Hugo et propose un spectacle qui dépasse largement le cadre de la peine de mort. Une éblouissante réussite qui se joue encore cinq fois sous les voûtes médiévales de l’Essaïon.


Hugo a 27 ans lorsqu’il publie Le Dernier jour d’un condamné. 150 ans avant que la loi Badinter n’abolisse l’une des dernières ignominies qui entachent la superbe du pays des Droits de l’Homme. Un texte qui met en scène un homme dans un monologue, quelques jours avant que sa tête aille rouler dans un panier. Il revit son récent passé, dissèque son procès de manière quasi clinique et parle d’un avenir dont le législateur le prive. Tout se passe à la première personne, le romancier se plaçant donc en retrait et sans l’ajout du moindre élément moralisateur. Au lecteur de se forger une opinion.


Il n’empêche que ce texte demeure un des grands écrits politiques d’Hugo. L’objectivité du romancier (jamais ne sont cités le nom du condamné ni le motif de sa condamnation) est totale mais lorsqu’on connaît les crédos hugoliens qui ont résonné durant tout le 19ème siècle et dont les échos ne manquent pas de venir jusqu’à nous avec parfois une flagrante et déroutante actualité, il va de soi que Le Dernier jour d’un condamné s’inscrit dans cette littérature engagée au même titre que J’Accuse ou de L’Esprit des lois.




Lucilla Sebastiani  viscéralement habitée



La Compagnie L’Embellie Turquoise a choisi d’adapter ce texte aussi intemporel qu’universel en faisant endosser le rôle par une femme. La réussite est totale. Nous assistons à un spectacle qui transcende le texte d’Hugo et lui confère une valeur qui va peut-être même au-delà de ce que le romancier avait imaginé, la condition féminine dans les années 1820 n’étant pas ce qu’elle est aujourd’hui. Ainsi, les propos quasi bi centenaires élargissent-ils, par la voix de Lucilla Sebastiani, le spectre de leurs revendications, dépassant le cadre stricto sensu de la peine de mort. Cette innovation dans la distribution rend la parole à toutes les condamnées.


C’est sous les voutes médiévales de l’Essaïon que se tient ce spectacle d’une rare puissance. Décor idéal qui se suffit à soi-même. Lucilla Sebastiani, seule en scène durant près d’une heure et quart, va nous transporter dans la vie brisée de cette femme. Viscéralement habitée par son personnage, elle offre une performance éblouissante. Michel Piccoli dans J’ai vécu dans mes rêves dit qu’un comédien doit jouer comme si l’auteur était son premier spectateur. On ne doute pas une seconde que Lucilla Sebastiani aurait reçu la bénédiction du jeune homme de 27 ans qui allait devenir la figure légendaire et tutélaire des lettres françaises.






                                               Par Maxime Lerolle



Le dernier jour d'une conscience


« Les geôliers, les guichetiers, les porte-clefs, je ne leur en veux pas, causent et rient, et parlent de moi, devant moi, comme d'une chose.»

En adaptant pour la scène Le Dernier jour d'un condamné et en féminisant celui-ci, Lucilla Sebastiani met en lumière le dispositif propre au texte hugolien. Le monologue, encore plus lorsqu'il est théâtral, est conflit d'un sujet envers le monde.


Face aux agressions répétées de sa conscience et de sa dignité, le personnage qu'interprète Lucilla Sebastiani déploie toute une gamme d'émotions, d'expressions, dans le but de se réapproprier un espace personnel.

Il faut voir l'actrice batailler contre les murs de pierre de l'Essaïon, magnifique écho scénique aux cachots de Bicêtre, hurler contre d'invisibles geôliers, procureurs et bourreaux, écrire son désespoir. La vie et la mort sont voisines dans ce creuset de pulsions humaines qu'on cherche à étouffer au fond d'un trou.

La conscience humaine brûle de mille passions dans le jeu de Lucilla Sebastiani, qui explore le plus loin possible les voies de l'expressivité psychologique. Son visage, ses membres, son corps se tordent, s'illuminent ou chutent sous la pression de mouvements intérieurs qui se fraient un chemin verbal et physique vers l'extérieur. Face à l'inhumanité de la peine de mort, la condamnée oppose toute la gamme de l'humanité.


Féminiser le texte n'est donc ni trahison, ni caprice artistique. Au contraire, le procédé fait ressortir l'universalité de la lutte de la vie contre la mort au cœur de l’œuvre originelle. Car dans ces émotions vives réside peut-être la même pulsion vitale qui anime femmes et hommes tout au long de leur existence.

Si le texte et l'interprétation plaisent tant, c'est sans doute parce qu'ils innervent lecteurs et spectateurs de cette pulsion vitale, de ce sentiment que même dans la plus froide des justices, dans la plus inhumaine des condamnations, l'être humain ne se laissera pas réduire à une chose. Que même dans l'inéluctable, l'être humain tentera de faire récit, de reprendre possession du monde, de redonner sens à son existence.
L'entreprise est vaine. Mais de cette vanité même naît le triomphe de la justice humaine, capable d'électriser une foule par sa puissance verbale et actoriale, capable de réimposer à la face de tous la présence d'une conscience qu'une justice mécanique, où ne court nul sang chaud, désire taire. Et n'y parvient jamais.






                                                        Par Ruth Martinez



Le Dernier Jour d’un Condamné est un plaidoyer poignant de Victor Hugo contre la peine de mort. Avec ce texte de jeunesse, Hugo nous fait partager les derniers instants d’un prisonnier condamné par la justice des hommes au plus inhumain des châtiments.

Les pierres centenaires des sous-sols voûtés du théâtre de l’Essaïon offrent un cadre saisissant de vérité à cette tragédie : le cachot est là, sous nos yeux, et nous y sommes enfermés aux côtés de la condamnée.

Car c’est bien une femme, Lucilla Sebastiani, qui interprète avec force et subtilité ce terrible rôle : elle incarne toutes les émotions de la prisonnière, de l’espoir à la révolte, en passant par la résignation. Le jeu de la comédienne est tout en retenue, sans excès ni facilité. Aucune trahison de Victor Hugo dans le choix d’une femme pour interpréter cette victime expiatoire, bien au contraire… Nécessairement adapté pour la scène, le texte est cependant parfaitement respecté, dans l’esprit et la forme. Dans la préface de 1832, Victor Hugo évoque d’ailleurs à la fois les condamnations d’hommes et de femmes qui l’ont marqué, et l’ont poussé à rédiger dans la fièvre ce texte magistral. On ne connaît pas le crime de cette femme, ni son histoire. Toute la force du texte de Victor Hugo se cristallise dans l’universalité de cette voix, et son incarnation féminine amplifie encore la portée humaniste de ce réquisitoire contre la pire des barbaries : celle qui se cache derrière un simulacre de justice.


Le public sort bouleversé de ce spectacle, mais heureux d’avoir partagé ce moment d’humanité. On saluera aussi la démarche de cette compagnie qui, en dehors des salles de spectacles, participe activement, aux côtés d’associations, à la sensibilisation autour de la question de la peine capitale. Car ce spectacle nous rappelle aussi que si la peine de mort a été abolie en France en 1981, elle reste encore en vigueur dans de nombreux pays du monde, y compris dans plusieurs pays dits démocratiques.






BC LE RIDEAU ROUGE                     

                                                                                                                 Par Béatrice Chaland










                                                                                               

                                                                                                           Par Dominique Legoupil





 

PUBLIC CONCERNÉ

DE LA 4ÈME À LA TERMINALE


DURÉE DU SPECTACLE

1h15



BORD DE SCÈNE AVEC L’ARTISTE

DÉBAT AVEC UNE ONG PARTENAIRE

40 mn



ADAPTATION / INTERPRÉTATION


Lucilla SEBASTIANI



MISE EN SCÈNE


Compagnie L’Embellie Turquoise



CRÉATION


Festival d’Avignon 2015



EXPLOITATION À PARIS


Théâtre de L’Essaïon

D’avril à novembre 2016

PISTES PÉDAGOGIQUES

À TÉLÉCHARGER SUR LE SITE


  1. Propositions d’étude de l’oeuvre


  1. Lecture et étude comparative de textes de Hugo, Camus, Stendhal sur la peine capitale


  1. Les discours de Hugo, Jaurès, Badinter

TARIF :


790 € jusqu’à 100 élèves

puis 7 € par élève supplémentaire


Débat avec ONG offert


Déplacement offert sur Île de France

SPECTACLE RÉFÉRENCÉ PAR


ACADEMIE DE PARIS




ONG PARTENAIRES


ECPM (Ensemble Contre la Peine de Mort)


COLLECTIF “LIBÉRONS MUMIA !”




AUTRES ORGANISMES PARTENAIRES


SOCIÉTÉ DES AMIS DE VICTOR HUGO


LES AMIS DU MONDE DIPLOMATIQUE